Durango encaisse ou tue (1971)
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L'histoire : connu sous le surnom du "Percepteur", Durango est un chasseur de primes particulièrement efficace pour récupérer les impayés de ses clients. Après qu'un banquier corrompu ait refusé de le payer suite à une mission, il est bien décidé à obtenir ce qui lui est dû.
On va aller droit au but, nous voilà face à une production que nous qualifierons poliment d'industrielle. Rien d'étonnant quand on voit le pédigrée de son réalisateur Roberto Bianchi Montero qui a tourné à la chaine de la fin des années 1940 au début des années 80 au rythme de plusieurs films par an ! Une constante : de la grosse série B d'exploitation destinée à remplir les grilles des salles de quartier. Du gaillard, je possède un autre DVD : Poker d'as pour Django (faudrait que je le revois, tiens). Côté casting, on est dans la même veine avec le musculeux Brad Harris dans le rôle principal qui a aussi traversé les modes surtout dans les années 60 du péplum (il est le Samson de Samson contre Hercule !) à l'eurospy (la saga allemande Commissaire X) en passant évidemment pas le western (Wanted Sabata). A noter deux participations nanardesques dans les années 80 : il a croisé Bruce Le dans L'implacable défi en 1980 et a retrouvé le genre péplum en 1983 avec le Hercule de la Cannon !
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Voici donc un produit bien anachronique et j'ai encore du mal à croire qu'il date de 1971. C'est comme si le western italien n'avait pas été rincé par cinq années d'intense exploitation. A l'aube des années 70, beaucoup de réalisateurs essayaient déjà de lui trouver un souffle nouveau en jouant avec les registres ou en lui apportant un peu de folie. Que nenni ici, le réalisateur filme ça comme un western pré-Sergio Leone et raconte son histoire dans son coin sans se soucier que c'est un cliché intégral. Je ne plaisante pas : l'histoire aurait pu être écrite par une IA tant elle générique et dénuée de toute personnalité. On a un gentil (sans épaisseur), des méchants (cabotins), une bagarre dans un saloon, une attaque de diligence, un mexicain "comique", une évasion de prison... Bref, vous avez compris le topo.
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Le film est italien mais il ressemble à une série C américaine du début des années 60. La réalisation n'est pas catastrophique mais elle est juste fonctionnelle. Après, comment faire autrement avec un scénario aussi paresseux et un budget visiblement limité ? Même Brad Harris ne semble pas y croire, sans doute dépité par l'absence de scène un minimum spectaculaire pour cet ex-cascadeur. Et ce qui est fou, c'est que la copie de cette série C sortie en DVD chez M6 Vidéo (dans une collection parrainée par Fluide glacial !) a été remasterisée et est plutôt jolie. Tout cet effort pour une production si anecdotique. Ceci dit, les fanatiques ultimes de western italien y trouveront peut-être un intérêt historique. Quant aux autres...