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VHS-1980
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3 octobre 2026

Atlantis Interceptors (1983)

Ce qui est énorme avec le bis italien, c'est qu'on a beau en avoir vu un tas tous plus fous les uns que les autres, on est toujours surpris à la découverte d'un nouveau film. La preuve une fois de plus avec cet Atlantis Interceptors (aussi connu sous le titre Les prédateurs du futur) découvert récemment à l'occasion d'une soirée nanar...

 

 

L'histoire : lors d'une opération de récupération d'un sous-marin, des plongeurs découvrent au fond de l'océan une tablette précolombienne ! Les analyses n'ont pas le temps de s'achever que la plate-forme océanique est frappée par un gigantesque tsunami. Les survivants parviennent à rejoindre la terre et découvre une ville mise à feu et à sang par un étrange gang motorisé...

 

Comme d'habitude, jetons un oeil aux crédits et on découvre que c'est le fameux Ruggero Deodato qui est à la réalisation. Actif depuis la fin des années 60, il est surtout connu pour un film a qui a défrayé la chronique à sa sortie en 1980 : Cannibal Holocaust. Il signera la même année La maison au fond du parc, un thriller horrifique, parait-il assez gratiné lui aussi, avant de s'attaquer à Atlantis Interceptors qui se veut plus grand public. Coté casting, le rôle principal est confié à l'Américain Christopher Connelly, sans doute dans le but de mieux exporter le produit même si l'acteur était spécialisé dans les seconds rôles à la télévision. C'est en fait le cinéma de genre italien qui va lui donner ses plus rôles les plus importants au cinéma à partir de 1982 avec La malédiction du pharaon de Lucio Fulci et Les guerriers du Bronx d'Enzo G. Castellari. Il passera par la suite entre les mains expertes d'une belle bande de bisseux jusqu'à son décès prématuré en 1988 : Antonio Margheriti (Les aventuriers de l'enfer), Mario Caiano (Les aventuriers du Kilimandjaro), Fabrizio de Angelis (Commando Cobra) et même Bruno Mattei (Section d'assaut) ! Plus anecdotique : la présence dans un second rôle de Michele Soavi, alors technicien et occasionnellement acteur, et qui réalisera par la suite quelques uns des derniers fleurons du cinéma d'horreur italien comme Bloody Bird ou le génial Dellamorte Dellamore.

 

 

Atlantis Interceptors se caractérise par un script aussi original que bordélique. Vu ses trous scénaristiques, on imagine que des pages de scénario se sont perdues entre la remise du manuscrit et la production du métrage. Cependant, il faut saluer l'extrême audace des scénaristes pour oser un tel melting pot d'influences : le film d'aventure avec le mythe de l'Atlantide, le post-apocalyptique à la Mad Max 2, le film de guerre avec des fusillades à n'en plus finir, le film de zombies façon La nuit des morts-vivants, et enfin la science-fiction pour le grand final improbable. L'histoire se découpe en trois gros actes. Le premier, poussif, tente de planter le décor et d'expliquer cette histoire de tablette même si on ne comprend rien. Le deuxième mieux rythmé se déroule dans la ville ravagée, l'occasion de faire péter le décor et de voir des Atlantes comme on ne les avait jamais vus sur leur motos customisées et avec leur look carnavalesque. Enfin, le troisième prend place sur les restes de l'Atlantide pour une révélation complétement nawak comme on les aime. Bref, un beau gloubi-boulga scénaristique truffé d'incohérences (le pompon revient à un personnage qui revient à la fin sans explication alors qu'il était censé avoir disparu). Ceci dit, ce mélange improbable contribue aussi à la personnalité du métrage et c'est ce finit par le rendre marquant car bourré de surprises improbables (les héros parviennent à construire des pièges en pleine jungle en cinq minutes chrono !).

 

 

La surprise est également technique avec le pire côtoyant le meilleur. La qualité du bis italien était de ne pas avoir de limite mais ça pouvait aussi se retourner contre lui comme pour cette scène ridicule de "tsunami" renversant une maquette de plate-forme offshore visiblement filmée dans une baignoire ! Pourtant il semble y avoir un certain budget puisqu'une séquence a véritablement été tournée sur une plate-forme et toute la partie dans la ville saccagée est étonnamment convaincante au niveau des décors ainsi que de l'ambiance étouffante et poisseuse (l'ambiance me rappelle un peu celle de L'enfer des zombies). Techniquement parlant, c'est la partie la plus réussie avec en plus une pyrotechnie généreuse bien qu'un brin gavante à la longue (la scène d'assaut devient redondante à la fin). Il y a un autre aspect visuel délirant : ce sont les effets gore pour la mort de certains protagonistes. Le temps de quelques plans plus ou moins longs, Deadato revient à ses amours horrifiques à coups de décapitation ou de femme attaquée au lance-flamme. D'autant plus fou qu'on ne s"y attend pas, comme à peu près tout ce qui se passe devant nos yeux jusqu'au générique de fin.

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