Venin (1981)

L'histoire : à Londres, le criminel international Jacques Müller organise l'enlèvement du jeune Philip Hopkins, fils unique d'un riche homme d'affaire. Avec la complicité du chauffeur et de la gouvernante de la famille, Müller a tout anticipé sauf la livraison accidentelle d'un mamba noir, serpent hautement venimeux, qui jouera les arbitres alors qu'ils sont reclus dans la maison.
En préparant cet article, j'ai découvert que le tournage de Venin avait été commencé par Tobe Hooper ! Suite à des différends artistiques avec à peu près tout le monde apparemment (je n'ai pas plus de détails), le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse a été remercié et remplacé au pied levé par le britannique Piers Haggard dont la carrière a essentiellement été consacrée aux séries télé. Coté casting par contre, il y a du lourd avec ses deux têtes d'affiche : l'Allemand Klaus Kinski qu'on ne présente plus et le Britannique Oliver Reed, l'éternel lycanthrope de La nuit du loup-garou de la Hammer. Si les deux personnages qu'ils incarnent (respectivement le chef du gang et le chauffeur) ne s'apprécient guère dans le film, les deux acteurs se détestaient carrément sur le tournage à en croire IMDB ! Ce qui n'empêche pas ces indiscutables professionnels de livrer chacun une excellente prestation. Le réalisateur parlera d'un tournage particulièrement compliqué à cause du caractère ingérable de Klaus Kinski (ça a toujours été sa réputation).

Venin a cette particularité d'être un faux film d'attaque animale. L'intrigue est en effet axée sur la tentative d'enlèvement de l'enfant puis sur la prise d'otage qui en découle dans la maison cernée par la police. Il s'agit en fait d'un thriller auquel le scénariste a ajouté un élément original en bonus : la présence d'un serpent agressif qui se balade dans les conduits de chauffage de la baraque. C'est une super idée car ça apporte une indéniable personnalité à cette histoire. Les attaque du reptile sont parcimonieuses mais assez marquantes (mention spéciale à la scène où il se glisse dans la jambe de pantalon d'un des protagonistes, plus cauchemardesque tu meurs !). Sa présence ajoute une indéniable menace, d'autant que c'est apparemment un véritable mamba noir qui a été utilisé sous la houlette d'un spécialiste (heureusement) et il n'a pas l'air commode du tout !

Ce film britannique est en tous cas une bonne découverte pour ma part. Le suspense est vraiment efficace. Le point de vue se place à la fois du coté des bandits qui tentent tant bien que mal de prendre la fuite, et du coté de la police qui essaie de résoudre la situation avec le moins de dommages collatéraux possibles. Il y a une sorte de duel psychologique entre Müller et le commissaire qui jouent chacun les cartes du bluff et de la manipulation avec plus ou moins de succés. En tous cas, leurs personnages sont sympas car faillibles. Malgré toutes les précautions de son organisateur, la prise d'ôtage aligne les grains de sable dans ses rouages et la police ne fait pas toujours les bons choix non plus, ce qui offre un spectacle jamais ennuyeux. Ceci ajouté à une réalisation professionnelle et on a là un thriller original à (re)découvrir.