Canalblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
VHS-1980
Publicité
Publicité
VHS-1980
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
10 septembre 2025

Orca (1977)

Ce n'était pas prévu initialement mais on prolonge la série de chroniques consacrées aux films d'attaque animale suite la rediffusion cet été d'Orca sur la chaine Arte (une des dernières raisons d'allumer sa télé).

 

 

L'histoire est celle de Nolan, un pêcheur irlandais exilé au Canada qui veut capturer une orque pour la revendre à un aquarium. Lors d'une tentative, il tue une femelle qui était sur le point de mettre bas et s'attire ainsi la haine du mâle qui ne cessera de le harceler pour un ultime face-à-face en pleine mer.

 

A la base, Orca est un pur film de commande lancé par le producteur Dino De Laurentiis pour surfer sur le succès des Dents de la mer. L'écriture du scénario fut confié aux vétérans Sergio Donati et Luciano Vincenzoni qui ont signé au cours de leurs riches carrières tout un tas d'histoires dont celles de la plupart des westerns de Sergio Leone, excusez-du peu (bon, ils ont aussi écrit Le contrat avec Schwarzie mais c'est une autre histoire...). Un autre vétéran est engagé en la personne du Britannique Michael Anderson pour la réalisation. Selon IMDB, il aurait signé son premier film en 1949 ! Très prolifique, c'est lui qui a mis en scène Le tour du monde en 80 jours version 1956, le nanar Doc Savage arrive ! en 1975 et le sympathique L'âge de cristal l'année suivante. Coté casting, si Richard Harris joue le pêcheur rustre à la perfection, Charlotte Rampling lui donne la réplique sans grande conviction (tout du moins c'est ce que son inexpressivité laisse penser). A noter aussi que la future sex-symbol des 80's Bo Derek fait sa première apparition sur grand écran (pour se faire bouffer une jambe !).

 

 

Le film démarre de façon assez maline en imitant comme un clin d’œil le chef d’œuvre de Steven Spielberg avec un grand requin blanc sur le point de croquer un plongeur. Sauf qu'une orque débarque et le met hors d'état de nuire  ! L'occasion de rappeler que le mot "orque" se traduit par "killer whale" en anglais. Mais l'intrigue prend rapidement son propre chemin pour lorgner du coté de Moby Dick de façon assez originale. En effet, à l'aide d'un bref flashback, on apprend que Nolan a lui-même perdu femme et enfant dans un accident de voiture et voilà donc son destin lié à celui du cétacé qu'il a rendu lui-même "veuf". Alors oui, les attaques de l'orque renvoient au genre attaque animale (il va aller jusqu'à faire tout péter dans le village grâce à une magnifique réaction en chaine !) mais le récit est surtout traité du coté de la fable, presque du fantastique avec cet animal doté d'une intelligence hors normes qui défie son bourreau ne pouvant plus reculer. A partir de la scène traumatisante de la mort de l'orque femelle au début, le métrage ne cessera de s'enfoncer dans la mélancolie, sentiment renforcé par la superbe partition d'Ennio Morricone. Le mammifère vengeur peut se voir comme le bras armé de la nature ou comme l'incarnation de la conscience qui torture Nolan.

 

 

Cette approche fondamentalement différente avec Les dents de la mer se voit aussi dans la mise en scène. Spielberg rendait le spectateur claustrophobe en plein océan ? Michael Anderson magnifie les grandes étendues maritimes et offre de jolis tableaux poétiques aidé par des épaulards grandeur nature en animatronique des plus convaincants (la séquence où le clan pousse la dépouille de la femelle sur la plage est énorme). Le montage qui mêle ces faux animaux avec des images de vrais cétacés est également soigné, ce qui rend l'illusion quasi-parfaite. Autre jolie trouvaille visuelle, c'est le village de pêcheurs  qui offre un sacré décor naturel, très pittoresque. Il est aussi l'objet d'une séquence superbe lorsque Nolan quitte les lieux dans la brume et l'humidité pour affronter sa nemesis. Enfin, j'ai aussi adoré l'affrontement final dans les glaces polaires pour son coté technique. On voit évidemment que ça a été tourné en studio mais cet environnement immaculé donne un caractère iconique à l'ensemble. En résumé, c'est beau, c'est tragique, c'est allégorique, un brin déprimant aussi et ça ne méritait surtout pas l'accueil glacial qui lui avait été réservé à sa sortie.

Publicité
Commentaires
S
Un très bon film, qui mérite une réévaluation car il me semble un peu oublié dans l'ombre du Spielberg...
Répondre
Publicité