Guerriers du Bronx 2 - Affiche

Trash est de retour et il n'est pas content ! Non seulement la General Construction Corporation veut raser le Bronx pour y contruire la ville de futur mais, en plus, elle n'hésite pas à éliminier purement et simplement les derniers habitants qui ne veulent pas partir, et les parents de Trash font partie des victimes ! Assisté d'un as de la cambriole et du fils de celui-ci, le motard solitaire ne voit qu'une solution pour arrêter le carnage : enlever le président de la société.

Vous avez apprécié Les guerriers du Bronx ? Vous allez adorer cette suite encore plus folle tournée dans la foulée ! Enzo G. Castellari rempile derrière la caméra et Mark Gregory est toujours là dans le rôle iconique de Trash. Et il faut admettre une chose : le jeune comédien semble un peu plus décontracté, ce qui rend son jeu un poil moins monolithique (même s'il reste quand même limité, faut pas exagérer non plus). Pour le reste du casting, nous sommes aussi gâtés que dans le premier opus avec deux personnages particulièrement savoureux. D'abord, il y a Floyd Wangler joué par un Henry Silva jamais aussi inspiré et cabotin que lorsqu'il s'agit de jouer les bad guys au summum de l'inhumanité. Chacune de ses apparitions à l'écran est un régal, chacune de ses phrases montrent au monde entier que c'est lui le plus méchant dans l'histoire ! Dans le camps des gentils, c'est l'improbable Timothy Brent (aka Giancarlo Prete) qui prète ses traits à Striker, un maître cambrioleur et véritable tombeur à ses heures perdues. On n'arrive pas à y croire une seconde, mais c'est ça qui est drôle (Castellari réitérera la chose en tentant de faire de l'acteur italien un sous-Mel Gibson dans Les nouveaux barbares la même année !).

Guerriers du Bronx 2 - Capture 1

S'il fallait un seul adjectif pour définir ce film, ce serait : outrancier. Avec sa galerie de personnages hauts en couleurs et sa nature définitiement bis, le premier film était déjà une peloche bien fun mais, pour cette suite, le réalisateur a voulu pousser encore plus loin les limites du spectaculaire en saturant le spectacle d'action over-the-top. En gros, le maigre scénario n'est que prétexte à une méga-fusillade de 83 minutes non-stop où les victimes se comptent par centaines ! Le film d'action régressif par excellence poussé dans ses derniers retranchements avec, comme je le dis à chaque fois, une folie toute italienne, une absence de complece vis-à-vis des gros budgets américains qui rend l'ensemble marquant à coup sûr. Et puis il y a toujours des idées décalées qui font la différence comme le look futuristico-rétro des "nettoyeurs" avec leurs casques de moto et leurs combinaisons argentées. Ou alors le personnages complétement inenvisageable aujourd'hui du fils de Striker, gamin d'à peine douze ans spécialiste en explosifs et qui flingue quelques méchants à l'occasion ! Effectivement, l'épaisseur des personnages est réduite à peau de chagrin, mais qu'est-ce que c'est intense sur la longueur.  Cette violence quasi-cartoonesque suivi des innombrables corps gisant partout dans les rues m'a fait penser par moments à Django de Sergio Corbucci, autre bel exemple de violence outrancière à l'italienne.

Guerriers du Bronx 2 - Capture 2

Et en parlant de western justement, il faut aussi parler de la réalisation en roues libres d'Enzo G. Castellari qui contribue aussi au nawak ambiant. S'il exploite toujours aussi bien à mon sens les décors naturels du Bronx pour leur coté vaguement "post-apo" (les mêmes dans le premier film), sa mise en image des scènes d'action fait moins dans la dentelle. Ainsi, pour le plus grand bonheur des nanardeurs, le réalisateur use et abuse ici de ralentis et d'utilisation de mannequins en mousse (et parfois les deux en même temps pour un résultat encore plus drôle). A peine camouflés, les mannequins subissent les pires outrages au fil des multiples coups d'objets en tous genres, rafales de mitraillettes et autres dégâts pyrotechniques. Ajoutez à celà, une sympathique explosion de maquettes en première bobine, et l'amateur de cinéma bis ne peut être que comblé par cette générosité et cette débauche de fureur décérébrée.

Pour la petite histoire, Mark Gregory (Marco De Gregorio de son vrai nom) sera immédiatement connoté "action hero" dans le petit monde du bis italien et la quasi-totalité de sa filmographie sera constituée de films d'action jusqu'à la fin des années 80, avant qu'il ne quitte le milieu sans jamais y revenir de près ou de loin. Il décédera en 2013 dans l'anonymat complet. Ce n'est que des années plus tard que les cinéphiles l'apprendront après des recherches sur le destin du héros des Guerriers du Bronx.