New York 1997 fait partie de mes premiers émois de cinéphile avec Mad Max 2 : Le défi, les deux premiers Alien, Predator ou encore Piranhas. Quand je l'ai découvert à l'époque, le nom de John Carpenter ne me disait par forcément grand chose, mais la qualité de sa réalisation m'a tout de suite frappé et ce titre a alimenté cette curiosité naissante pour le cinéma de genre, en particulier celui des 80's à la patine si particulière. Je me souviens que je l'avais enregistré lors d'une diffusion télé et la VHS a été visionnée à maintes reprises. Le spectacle était fascinant... et il l'est toujours autant, 40 ans après sa sortie !

New York 1997 - Affiche

Pour la forme, je vais vous résumer l'histoire. Dans un futur proche (qui est censé être le passé maintenant puisque c'est en 1997), l'île de Mahnattan a été tranformée en prison géante destinée à accueillir tous les rebus d'une société américaine dirigée par un gouvernement que nous placerons dans l'échiquier politique très à droite. Pas de bol, suite à un attentat, l'avion présidentiel s'écrase sur Manhattan. En échange de l'effacement de son ardoise judiciaire, le condamné Snake Plissken a 24 heures pour retrouver le Président avec sa malette contenant un document d'un extrême importance et le ramener sain et sauf.

New York 1997 est le 5e long métrage de John Carpenter. En 1981, le réalisateur américain est en pleine ascension artistique puisqu'il signe classique sur classique depuis 1976. Ainsi, on lui devait déjà le western urbain génial Assaut, le mètre-étalon du slasher Halloween, la nuit des masques et l'excellent film fantastique Fog (déjà chroniqué sur ce blog). En ce qui concerne le cinéma de genre, John Carpenter est sans aucun doute le réalisateur n°1 des années 80. New York 1997 deviendra également un classique tout comme les 6 films qui suivront jusque Invasion Los Angeles en 1988. En tous cas, j'adore ce réalisateur. Sa mise en scène est classe mais elle n'est jamais prétentieuse et ne fait pas dans l'effet de style gratuit. Et puis il a un coté un peu rock & roll, assez indépendant et ne brossant pas forcément le spectateur dans le sens du poil. Ses films ont une patte, c'est un véritable auteur.

New York 1997 - Capture 1

Vous allez me reprocher d'être exagérément dithyrambique mais, franchement, je ne vois aucun défaut à ce film. Il est purement génial. Esthétiquement, il est magnifique avec une photographie de toute beauté et une ambiance nocturne fascinante. De plus, les décors urbains délabrés participent à cet univers et offrent de superbes plans. Carpenter a eu la bonne idée de tourner ces scènes extérieures dans un quartier de St. Louis qui avait été en grand partie détruit par un incendie gigantesque. Ca donne une incroyable ambiance de fin du monde où l'anarchie règne. Cette idée de placer l'action dans une zone de non-droit fait partie de l'identité du métrage. Le héros est propulsé dans une société parallèle chaotique et doit mener sa mission tant bien que mal. Je trouve que, pour un budget estimé à 6 millions de dollars, le film en fait bien plus à l'écran. C'est aussi une des grandes forces de Carpenter qui a toujours su donner une ampleurs visuelle à ses films (les maquettes pour les plans aériens de Manhattan sont géniales). Le spectacle est sans temps mort et je suis un fan absolu de la poursuite finale sur le pont, ainsi que de la conclusion très ironique rendant l'ensemble encore plus inoubliable.

Coté casting, c'est aussi une réussite totale. Les seconds rôles sont tous excellents, à commencer par Lee van Cleef et Ernest Borgnine (deux choix très référencés pour l'amateur de western que fut Carpenter). J'aime également la prestation d'Adrienne Barbeau (alors épouse du réalisateur) et la fin de son personnage est aussi horrible que touchante. Mais l'identité de New York 1997, c'est aussi (et surtout) son personnage principal au look inoubliable : Snake Plissken. Une sorte d'anti-héros peu bavard, mystérieux, solitaire mais pas misanthrope, car malgré sa froideur, il peut détourner son chemin pour aider une personne vulnérable. Dans ce rôle, Kurt Russell est parfait. Sans doute le rôle de sa vie et qui a permis de casser définitivement son image de garçon sage. Franchement, je ne connaissais pas son parcours et j'ai été surpris de découvrir que pendant son enfance/adolescence, Kurt Russell a été l'égérie de l'empire Disney et a été le héros de plusieurs films familiaux très populaires aux US (certains ont apparemment été distribués chez nous mais de manière plus confidentielle). Pour en revenir à New York 1997, il s'agit de la 2e collaboration entre John Carpenter et Kurt Russell après le téléfilm Le roman d'Elvis en 1979 (pas vu). Les deux hommes tourneront encore ensemble 3 fois par la suite et une complicité semble exister entre les deux à entendre le commentaire audio très drôle du DVD Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin.

New York 1997 - Capture 2

Voilà donc un classique absolu des 80's, du pur cinoche avec de la personnalité et de vraies qualités visuelles (je me répête mais le grain de la pellicule est infiniment plus beau que le rendu numérique, aussi travaillé soit-il). Comme dit plus haut, John Carpenter continuera sa folle filmographie puisqu'il réalisera l'année suivante The Thing, un vrai de film de fous (déjà chroniqué sur ce blog et toujours avec Kurt Russell). Les deux hommes se retrouveront ensuite en 1986 pour Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, le plus bel hômmage qu'Hollywood ait fait au cinéma d'action hong kongais, puis en 1996 pour le retour inattendu de Snake Plissken dans Los Angeles 2013 ! Plus un remake qu'une véritable suite, cette production est signée d'un John Carpenter qui en a gros sur la patate et rêgle ses comptes avec Hollywood. Techniquement moins magistral que l'opus original (les limites de budget se sentent cette fois), il a aussi un script beaucoup plus porté sur l'ironie et le second degré. Le résultat n'en demeure pas moins très sympa grâce à son coté je-m'enfoutiste rock & roll et au charisme intact de son interprête principal.